LE CONSTAT

Au cœur des problématiques auxquelles sont confrontés les quartiers prioritaires de la Politique de la ville se pose la question du lien social et de son rapport avec la vie dans l’espace urbain. À Saint-Étienne, comme dans d’autres villes moyennes françaises, les quartiers relevant de la politique de la ville font face à des difficultés particulières liées à la perte de vitesse du commerce de proximité. Or, la fermeture de nombreux petits commerces marque le territoire tant dans son bâti que dans la vitalité de ses relations sociales : les locaux en rez-de-chaussée se vident ; les rues deviennent un simple lieu de passage et non plus de vie commune ; la parole circule moins bien ; la qualité de vie et l’immobilier entier se dégradent.

Avec la modification des manières de consommer et de pratiquer la ville, mais aussi avec les choix d’aménagements urbains, les fermetures commerciales se poursuivent. Comment soutenir les commerces de proximité ? Comment maintenir ou recréer des lieux de sociabilité dans le quartier ? Peut-on faire revivre les vitrines abandonnées pour cultiver la vitalité du territoire ? Comment imaginer de nouveaux types d’occupation ?

Le quartier Beaubrun à Saint-Étienne : une vitalité commerciale en demi-teinte

Le quartier Beaubrun-Tarentaize, à proximité du centre-ville de Saint-Étienne, est un quartier dynamique et diversifié, qui tire de nombreux atouts de son caractère cosmopolite. Il est néanmoins très stigmatisé et par endroit relativement dégradé, alimentant un sentiment d’abandon des personnes habitant sur place. Malgré une certaine vitalité autour de l’avenue centrale, d’autres rues autrefois très commerçantes sont aujourd’hui particulièrement désertées par les commerçants. Ces dernières sont pourtant les axes importants dans les circulations avec le centre-ville et contribuent à alimenter un cercle vicieux de la vacance commerciale. Une première phase de rénovation urbaine dans le cadre de l’ANRU a permis de lui redonner de la visibilité, mais le quartier est maintenant fragilisé par le départ de plusieurs institutions structurantes dans la trame urbaine.

À travers une étude de terrain que nous avons réalisé, il nous semblait nécessaire d’agir non pas sur le quartier dans sa totalité, mais sur un fragment de territoire, à travers le filtre de la vacance des rez-de-chaussée, pour lui redonner de la vitalité, mais aussi pour accompagner les changements en cours. Notre intervention, complémentaire des pouvoirs publics, s’adapte et se modèle au terrain d’action, situé rue de la ville, porte d’entrée sur le quartier.

Notre proposition est d’agir sur les rez-de-chaussée vacants, ces lieux qui sont au cœur de la problématique de dévitalisation du quartier, et inverser totalement la tendance en les activant avec et pour les habitants. En travaillant autant sur les façades des boutiques (pour transformer l’image du quartier) que sur l’occupation des boutiques, nous pouvons redonner un élan tant dans la dynamique sociale et économique du quartier.

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Petit mot d’adieu rue Praire, mars 2015

 

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Qui veut faire revenir cette magnifique boutique verte ? Mars 2015

 

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Rue de la ville ! Alimentation générale en attente d’une nouvelle vocation ! Mars 2016